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Au sein de l’activité ordinesque belge, l’Ordre de la Questure Raymaldienne (en abrégé : OQR) fait figure d’original. Fondé en 1996 par Laurent Kinet et Olivier Dal Zuffo au sein de l’Université de Liège, il entretient rigoureusement les grandes traditions du folklore de corona, tout en cultivant une spécificité originale : son raymaldisme. Le raymaldisme est des plus difficile à définir, de même qu’il est malaisé, pour le non initié, d’en embrasser toute la substance. Il se compose d’un subtil mélange de dignité solennelle et d’amusée bonhommie, de sévères cérémonies et de doux délires ; il se définit également par la particularité de son matériel folklorique intellectuel et de ses traditions internes. Seul le membre ou le sympathisant de longue date comprendra les subtitités de la Jouvencelle, de la Commission Suède, de l’état major de la moutarde ou de la dictée de Pennafort, et rares sont ceux qui détiennent la clé de l’origine de l’ordre et la signification du mot “raymaldienne”. L’Ordre s’est doté d’un objet social que d’aucuns qualifient d’idéal folklorique : la défense et l’illustration de la langue française, en réaction à la paupérisation généralisée de sa maîtrise par les jeunes générations, et à la dictature anglomanique. L’ordre est bien loin, cependant, de sectariser son positionnement, et réserve à ses amis de Flandre les meilleures intentions. Il s’enorgeuillit d’être probablement, en Belgique, le lieu où le nombre de guindailles par séance est le plus élevé ; en témoignent les éditions successives du Billet Consulaire, son journal officiel, dont les vingt-quatre pages mensuelles sont noircies des créations raymaldiennes. L’Ordre de la Questure Raymaldienne est dirigé par le Consulat, instance bipartite composée du Grand-Consul, chef suprême de l’ordre, et de son Consul, représentant plénipotentiaire du Fonctionnariat, le comité dirigeant. A l’instar de la plupart des associations similaires, l’ordre dispose d’un sénat, appelé Proconsulat, composé en majorité des anciens Grands-Consuls, et piloté par le Recteur, lequel a notamment pour tâche de compléter annuellement le grand oeuvre littéraire qu’est le Manifeste du Raymaldisme. La hiérarchie de l’ordre se compose des Commis (postulants), lesquels sont adoubés Moniteurs, et évoluent progressivement vers les hautes sphères, en passant par les titres d’Assesseur et de Huissier, titres que portent, à titre honorifique, les dignitaires extérieurs distingués par le Consulat. Par ailleurs, une distinction honorifique, appelée Légature, existe à l’intention des associations elles-mêmes, appelées Légats le cas échéant. Le calendrier raymaldien se compose de cinq séances spécifiques : la Passation des Pouvoirs Consulaires, la Prise d’Habit, la Séance d’Ambassades (réunion externe), la Séance des Greffes et la Saint-Raymond de Pennafort. L’Ordre de la Questure Raymaldienne est une association bifrontiste, accueillant les porteurs de penne et autorisant ses membres à recevoir calotte par l’entremise du cercle de l’Emeraude. A ce titre, l’ordre est association conseillère de l’Ordre Souverain de la Calotte. Tous les éléments de ce folklore constituent la catharsis estudiantine qui fait aimer la vie. Le student traite avec sérieux ce qui ne l’est pas, fusionne l’usage et la dissidence, pratique l’insubordination en uniforme et organise son anarchie. L’ordre folklorique étudiant remplit également ce rôle d’aide à l’efflorescence personnelle. C’est aussi la beauté de l’Ordre de la Questure Raymaldienne, et même s’il n’en a pas l’apanage, même si d’autres que lui le vivent, il cultive cet apostolat avec subtilité, fraternité et ouverture. |
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